Montpellier, centre-ville : des restaurateurs adhèrent à l’antigaspi alimentaire

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Les restaurateurs engagés dans la charte. ©HJE2017, D. Croci

Ils sont dix-huit à avoir signé la première charte Mon resto gaspi zéro, une action portée par la Jeune Chambre Economique de Montpellier. Une première vague avant une seconde au printemps 2018. Et des bonnes pratiques qui semblent mobiliser à la fois les professionnels du secteur et les institutionnels.

Le 16 octobre 2017, la JCE de Montpellier a remis sa charte Mon resto gaspi zéro à des restaurateurs du centre-ville engagés concrètement contre le gaspillage alimentaire  et qui souhaitent s’améliorer dans ce domaine. Cette initiative concrète s’inscrivait dans le cadre de la Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. Les signataires de la charte s’engagent ainsi à gérer leurs stocks, de façon à réduire leurs pertes et limiter  le gaspillage en cuisine (par exemple  en adaptant les portions en fonction des retours d’assiettes). Ils proposent des solutions antigaspillage à leurs clients (information sur la taille des plats, remise d‘un gourmet bag pour emporter les restes, etc.). Ils valorisent leurs déchets et sont en quête permanente de solutions innovantes. La JCE souhaite qu’un réseau se crée autour de cette action pour que le partage d’idées et de bonnes pratiques se diffuse auprès de leur clientèle et plus largement du consommateur.

Contact JCE : contact@jce-montpellier.fr

Un macaron sur la vitrine

Les professionnels signataires de la charte pourront communiquer sur leur démarche et l’utiliser comme argument de vente supplémentaire. Un macaron sera apposé sur la vitrine de leurs établissements. Un repère visuel pour la clientèle et une forme de labellisation antigaspi alimentaire. Petite précision : l’engagement à la charte JCE est  à 100 % basé sur le volontariat.

Des institutionnels sensibilisés

La Ville, la Métropole et la Région soutiennent cette action, ainsi que l’Ademe et la Draaf. L’UMIH et des partenaires privés (Voy’agir et Courts-circuits) sont également de la partie. Cet engagement commun semble nécessaire à une prise de conscience d’importance. Parce que les chiffres sont éloquents : en France, 10 millions de tonnes de produits alimentaires partent à la poubelle chaque année,  une perte estimée à 18 millions d’euros et 160 euros par an et par personne, soit 20 kilos de nourriture non consommée.

Mylène Fourcade, déléguée métropolitaine à l’agro-écologie et à l’alimentation, a salué l’action et rappelé que son institution œuvrait déjà dans les cantines scolaires, où le tri sélectif est de rigueur. Le pain non consommé est adressé à des centres équestres, l’eau non utilisée sert à l’arrosage des jardins familiaux et  les biodéchets alimentent la plateforme de compostage.

Les 18 signataires de la charte JCE Montpellier  » Mon Restau Zéro Gaspi ». © HJE 2017, D. Croci

Le conseiller régional Hussein Bourgi (commission Transition écologique et énergétique, Biodiversité, Economie circulaire, Déchets) a parlé, lors de la signature de la charte, d’une question de civilisation et d’humanité. « En 2050, nous serons 10 milliards d’humains, a-t-il indiqué. Peut-on décemment continuer à gaspiller un tiers de la production mondiale alimentaire chaque année ? ». Il a évoqué la mise en place, dans les 224 lycées de la région, d’un concept primé au plan national et mis en place par le lycée Mermoz de Montpellier : la poubelle transparente. A l’issue des repas, les lycéens sont invités à déposer les restes dans des bacs translucides qui permettent de visualiser le gaspillage, et donc de sensibiliser à l’antigaspi. En moyenne, dans la restauration collective, 170 grammes par personne et par repas qui ne profitent à aucune bouche ni à aucun estomac.

Les 18 premiers signataires

Anga, Chez Félix, L’Artichaut, La Coquille, La Coutinelle, La Diligence, La Part des Anges, Leclère, Le Grillardin, Le Paresseur, Ma première Cantine, Max Gourmand, Pastis Restaurant, Ripailles, Streetcroque, Tripti-Kulai, Via Pila et Wine Not Bar sont les 18 premiers établissements signataires de cette charte bienvenue.

Marine de Beaufort, fondatrice de Voy’Agir et JCE responsable de l’action Charte MRGZ,
et Gwendoline Lefebvre, présidente de la JCE Montpellier. © HJE 2017, D. Croci.

Questions à Gwendoline Lefebvre, présidente de la JCEM

HJE : Avez-vous ciblé les établissements ?

« La vocation de cette action est d’apporter et de porter ce message de lutte contre le gaspillage alimentaire et les bonnes pratiques liées, indépendamment du type de restaurant et de l’organisation mise en place. On trouve des partenaires comme des restaurants de proximité du centre-ville, mais également des établissement à forte notoriété et haut de gamme. »

Comment cette action a-t-elle été construite ?

« Après la phase d’enquête pour savoir si l’action était pertinente, on s’est rendu compte que de nombreuses bonnes pratiques étaient déjà mises  en place par ces restaurateurs. Nous avons construit une grille qui comprenait ces différentes mesures. Puis, des audits d’entretien ont été menés par nos binômes JCE. Dix-huit restaurateurs se sont engagés… »

Quelle sera la suite donnée à cette action ?

« Promouvoir la charte et le centre-ville de Montpellier. Associé à cette charte, un macaron – visuel Mon Resto Gaspi Zéro – sera affiché sur les vitrines des restaurants signataires. Parallèlement, nous allons continuer les audits et les rencontres avec d’autres restaurateurs. L’idée serait de créer un réseau des restaurateurs adhérents pour qu’ils puissent travailler ensemble et échanger et mutualiser les bonnes pratiques mises en place. »

Peut-on atteindre le zéro gaspillage alimentaire ?

« C’est l’objectif [rires, NDLR], mais on n’a pas d’objectif chiffré. L’idée est vraiment de créer une émulation et même que cette action soit autoportée par les restaurateurs. Nous avions lancé cette démarche en allant vers  les restaurateurs pour l’expliquer. Aujourd’hui, nous commençons à avoir des demandes directes. Des restaurateurs viennent vers nous pour s’informer sur cette action et s’associer  à ce nouveau réseau en émergence. Une deuxième vague d’annonces d’adhésion est déjà prévue pour le 1er trimestre 2018. Et la charte devrait être reprise par d’autres JCE en France. »

Propos recueillis par Daniel Croci

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