Santé et prévention au travail : un livre blanc et 8 propositions de l’AIPALS

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L'Aipals, service de santé au travail intervenant sur le grand Montpellier, a organisé le 15 février dernier, un Living Lab sur le thème : " Faire de la prévention en entreprise une priorité". Ce brainstorming mené avec 70 participants, dont des chefs d'entreprise, a donné naissance à un Livre blanc qui a été remis à Charlotte Lecocq, députée chargée d'une mission interministérielle sur l'avenir des services de médecine du travail. Le Livre blanc suggère 8 propositions visant à renforcer la prévention et limiter les risques d'accidents sur les lieux de travail. Il est disponible en téléchargement…

L’événement organisé par l’AIPALS le 15 février dernier (lire l’article HJE en ligne sur le Living Lab AIpals) a permis de valider des propositions de mesures destinées à faire reculer les mauvaises statistiques. Pierre-François Canet, président de l’AIPALS résume :  » Chaque année, en France, plus de 500 personnes perdent la vie au travail et près de 620.000 accidents du travail sont recensés, soit 1.700 accidents par jour ! « . L’impact négatif social, moral, physique et économique devrait justifier que la santé au travail soit désignée « grande cause nationale » selon le président de l’Aipals, qui a souhaité que le brainstorming de février dernier ait une suite et donne lieu à la réalisation d’un Livre blanc. Celui-ci, désormais publié, inclut plusieurs propositions concrètes. Ce Livre blanc qui contient un état des lieux de la prévention primaire en entreprise. Il a été remis à la députée Charlotte Lecocq, chargée d’une mission interministérielle sur la question. Celle-ci doit rendre son rapport le 30 mai prochain.

Des propositions concrètes

Le livre blanc de l’AIPALS définit trois priorités :

– accompagner le dirigeant,

– protéger la santé des salariés,

– faire davantage collaborer les acteurs de la santé au travail.


• 3 propositions pour accompagner le dirigeant

Intégrer le chef d’entreprise dans le suivi de la santé au travail. Le chef d’entreprise est aujourd’hui légalement responsable de la santé de ses salariés alors qu’il est lui-même exclu de tout dispositif et suivi. La proposition invite à faire le pari qu’un dirigeant qu’on aidera à prendre soin de sa santé sera plus attentif à préserver celle de ses collaborateurs.

– Former le dirigeant, dès la création de l’entreprise, pour intégrer les questions de santé au travail dans son quotidien. Instaurer une formation obligatoire pour toute personne souhaitant créer ou reprendre une entreprise, par des professionnels de la prévention, permettrait d’inciter les futurs dirigeants d’entreprises à intégrer cet aspect dans leur gestion courante.

– Déployer un portail « santé et sécurité en entreprise » pour simplifier les démarches. Avec ce guichet unique, l’entreprise saurait à qui s’adresser directement et trouverait, en un lieu unique, toutes les informations nécessaires.

 


• 2 propositions pour protéger la santé des salariés

Avoir un « dossier médical en santé au travail » unique tout au long de sa carrière. Le dossier médical partagé (DMP) va progressivement être déployé par l’Assurance maladie d’ici la fin 2018. Il serait intéressant d’y associer le dossier médical en santé au travail (DMST) afin de suivre le salarié tout au long de sa carrière professionnelle, notamment pour la traçabilité de l’exposition aux risques professionnels et de la pénibilité.

Former le salarié dès le cursus scolaire pour le rendre acteur de sa santé au travail. Une étude épidémiologique réalisée par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) révèle que les jeunes de moins de 25 ans formés en santé et sécurité au travail pendant leur scolarité ont 2 fois moins d’accidents du travail que les autres. Une formation à la prévention des risques professionnels, intégrée dans les cycles d’apprentissage et universitaires, semble essentielle.


3 propositions pour faire davantage collaborer les acteurs de la santé au travail

– Uniformiser les politiques locales d’agrément des services de santé au travail pour une qualité de service uniforme. Il n’existe pas à ce jour de référence nationale sur la politique d’agrément des services de santé au travail ; chaque région fonctionne différemment… Afin d’apporter aux entreprises et aux salariés un niveau de service équivalent et lisible sur le territoire national, fixer un cadre national apparaît essentiel.

Développer de véritables collaborations entre les acteurs de la prévention pour mieux accompagner l’entreprise, avec par exemple des temps de rencontres réguliers entre les personnes qui interviennent parfois dans les mêmes entreprises sans le savoir…

– Exploiter et consolider les données médico-techniques pour définir des actions plus pertinentes. Les services de santé au travail sont à ce jour l’interlocuteur principal des entreprises et des salariés. Ils disposent tant de données médicales issues des entretiens individuels avec les salariés que d’informations provenant des interventions en entreprises. Pour accorder plus de cohérence aux politiques de santé au travail, il faudrait harmoniser les outils de saisie.

 


Pour aller plus loin, téléchargez Le livre Blanc de l’AIPALS

Livre blanc et synthèse en téléchargement sur le site de l’AIPALS (Lien direct)

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