Soirée #monentrepriseen2019 : une très riche source d’informations

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© OEC Montpellier.

Organisée le 18 février à la salle Agora du Crès par l’Ordre régional des experts-comptables et ses partenaires, la soirée #monentrepriseen2019 a passé en revue plusieurs problématiques auxquelles sont confrontés les chefs d’entreprise en ce début d’année : l’amélioration du management, les perspectives offertes par la Blockchain, la réforme de la formation professionnelle, la loi de finances 2019 et le projet de loi Pacte. 

Environ 170 personnes s’étaient inscrites à la soirée #monentrepriseen2019, table ronde pour les chefs d’entreprise organisée par l’Ordre des experts-comptables de la région de Montpellier. Son président, Philippe Lamouroux s’est déclaré « enthousiaste » de donner le coup d’envoi à cette deuxième édition de l’événement, souhaitant que celui-ci s’ancre pour les années à venir. « Nous sommes des hommes du chiffre et nous évoluons vers le conseil aux entreprises de manière plus générale. C’est pourquoi nous avons voulu faire évoluer cette manifestation pour mettre en avant l’actualité de l’entreprise dans son environnement économique », a souligné l’expert-comptable avant de donner la parole aux représentants de plusieurs partenaires de la soirée, dont la CPME 34, Leader Occitanie et le Medef Montpellier Hérault.

Le président de ce dernier, Samuel Hervé, a invité à une réflexion commune sur un partenariat qui pourrait voir le jour entre experts-comptables, le Medef Hérault et les autres organisations patronales ainsi que la profession bancaire sur la dynamisation du dispositif de l’intéressement tel qu’il pourrait être mis en place par la loi Pacte.

Privilégier le management adapté

Le premier thème de la soirée mis en avant par Colette Doumenc, cofondatrice de la société Ihos Expertise, avait trait au management adapté. Soulignant qu’il existe toujours un décalage entre les objectifs de l’entreprise et ceux des personnes qui la constituent, elle a avancé : « le management est l’art d’influencer pour atteindre un objectif ». La prise en compte de l’humain et des situations personnelles différentes est indispensable en vue d’obtenir la motivation réelle des salariés. Le but ne peut être atteint que dans un climat social favorable. Il s’agit donc d’adapter le management aux salariés.

Dans ces conditions, le manager est amené à repenser ses propres pratiques, à prendre conscience à la fois de ses points forts et de ses propres faiblesses, puis à penser en termes de risques et d’opportunités à partir des capacités de chacun des individus membres de l’entreprise. Une telle démarche conduit souvent à déconstruire en vue de bâtir des comportements nouveaux fondés généralement sur les principes collaboratifs, et ainsi à innover.

L’exemple de JV Web

L’expérience de JV Web, agence d’e-marketing spécialisée en référencement, illustre la démarche de « management adapté ». Pour cette société forte de 60 personnes réparties entre Montpellier, Paris, Genève et Shanghai et dont l’activité génère la moitié du chiffre d’affaires de ses clients en moyenne, chaque salarié a la responsabilité d’être très réactif. Jonathan Vidor, à la tête de JV Web, retrace l’évolution qui a conduit à adopter le management adapté : « Durant les premières années, lorsqu’apparaissaient des problèmes, les directeurs ou moi-même intervenions immédiatement afin de les régler. Mais il s’ensuivait du stress, et cette manière de faire ne pouvait se pérenniser, la société accroissant sans cesse son effectif. Nous avons alors organisé les équipes en cellules de 6 personnes, l’une d’entre elles prenant la responsabilité d’apporter de l’aide à ses coéquipiers de façon à résoudre les problèmes dès leur apparition. »

Une véritable collaboration a vu le jour au sein des équipes avec plusieurs retombées positives. Les salariés au contact des clients ont gagné en confiance. Ainsi, alors qu’antérieurement, une personne recrutée ne pouvait gérer pleinement un client qu’au bout de dix mois, cette durée est tombée à deux mois et demi avec le nouveau mode de management. Par ailleurs, les dirigeants de l’entreprise ont vu leur stress fortement diminuer et ils ont pu se consacrer à d’autres tâches que gérer les problèmes du quotidien.

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© OEC Montpellier.

Des opportunités ouvertes par la Blockchain

Simon de Charentenay, fondateur d’Open Flow, présente la Blockchain en affirmant : « Elle va révolutionner le monde des années à venir, au même titre que l’intelligence artificielle ». Selon lui, tout autant politique que technologique, la Blockchain propose une autre manière d’établir le rapport au pouvoir, celui-ci ayant pour matrices principales l’argent et le droit. Sur le plan technique, elle repose sur le partage entre individus de données devenues infalsifiables car cryptées et inscrites dans un bloc.

Sur ces principes, des levées de fonds très importantes sous forme de cryptomonnaies ont eu lieu en un temps record et sans aucun intermédiaire. Pour les TPE et PME, la Blockchain a notamment pour champ d’application l’origine de la preuve, la protection absolue de certaines données. Elle va ainsi permettre de générer des signatures électroniques infalsifiables de tous les types de documents. D’où une sécurité accrue. L’entreprise peut également conférer une valeur à ses actes éthiques, par exemple le respect des normes, la RSE (responsabilité sociale de l’entreprise)… Toutes ces actions, sociales ou pour le respect de l’environnement, peuvent être ainsi quantifiées sous forme de « tokens » (jetons) d’actions qui peuvent être échangeables avec d’autres entreprises. En termes de réalisations, on peut citer Axa, qui a mis en Blockchain l’indemnisation automatique sur les retards d’avions, ou encore Carrefour avec une Blockchain sur la traçabilité des produits.

La formation professionnelle axée sur l’apprentissage

Autre sujet de préoccupation pour les chefs d’entreprise, les futures modalités prévues pour la formation professionnelle ont été présentées par Philippe Mazza, directeur régional de l’Agefos PME. Associée aux dispositions des ordonnances travail de 2017, la réforme de la formation professionnelle, marquée par une reprise en main du système par l’Etat, répond à l’objectif de mise en place d’une flexisécurité à la française. Elle vise à corriger les inégalités d’accès à la formation, à s’adapter à la transformation des métiers et à simplifier en réduisant le nombre d’acteurs offrant des formations. L’apprentissage s’impose comme l’un des aspects majeurs afin de lutter contre le chômage des jeunes.

Le coup d’envoi a été donné le 1er janvier dernier avec le plan d’investissement dans les compétences, doté de 15 milliards d’euros, et la création d’un nouvel acteur, France Compétences. Cet organisme recevra des fonds de l’Urssaf, chargée à partir de 2021 de la collecte auprès des entreprises. Pour ces dernières, les contributions sont maintenues aux mêmes taux qu’actuellement. Etant donné l’affectation des fonds prévue par l’Etat, les entreprises seront conduites à demander davantage l’insertion de jeunes collaborateurs via des contrats d’apprentissage et elles disposeront de moins de moyens pour former leurs propres salariés.

Passer d’un système de l’offre à celui de la demande

A partir de 2019 et surtout 2020, les branches professionnelles décideront la création des CFA (Centres de formation d’apprentis) sur les territoires. « On va ainsi passer d’un système de l’offre organisé par les conseils régionaux à un système de la demande basé sur les besoins des entreprises », a observé Philippe Mazza. Chaque individu, salarié ou non, deviendra acteur puisqu’il disposera d’une enveloppe financière avec laquelle il pourra acheter de la formation. Et l’entreprise pourra co-investir sur une formation.

Pour l’entreprise, cette réforme permet de remplacer le plan de formation par le plan de développement des compétences. Soit ces compétences sont recherchées en externe, soit elles sont développées en interne. Dans ce dernier cas, la Fest (Formation en situation de travail), réalisée dans l’entreprise et prise en considération par la loi, conduit à la reconnaissance des compétences en fin de formation.

Plusieurs nouveautés dans la loi de finances pour 2019

Pierrick Belen, du Conseil de l’Ordre des experts-comptables, a passé en revue de manière dynamique l’actualité fiscale, sociale et réglementaire. La mise en place du Prélèvement à la source (PAS), globalement plutôt bien maîtrisée, a changé le panorama des entreprises en ce début d’année. La loi de finances pour 2019 introduit plusieurs modifications, dont l’aménagement du report d’imposition et celui du pacte Dutreil, la transmission d’entreprises familiales étant facilitée. Les droits d’enregistrement bénéficient d’allègements. La taxe foncière est modifiée avec la clarification de la notion d’entreprise industrielle et l’exonération de cette taxe pour les entreprises industrielles dont l’actif est inférieur à 500.000 euros. Pour les entreprises endettées, le système de plafonnement des charges financières est réaménagé.

Parmi les autres mesures nouvelles prévues par la loi de finances pour 2019 figurent des aménagements sur la loi de défiscalisation (loi Pinel) ainsi que sur le mécénat et le crédit impôt-recherche, des mesures techniques sur les cryptomonnaies et sur la propriété intellectuelle des brevets. Il y a également les mesures sociales, notamment les exonérations concernant la prime exceptionnelle pour le pouvoir d’achat (jusqu’à 1.000 € pour un salarié), les heures supplémentaires et les heures complémentaires aménagées, ainsi que la suppression du forfait social sur l’intéressement…

Des effets positifs attendus de la loi Pacte

Le projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), toujours en discussion au Parlement, prévoit de faciliter la mise en place d’entreprises, leur création pouvant être réalisée directement en ligne. Pierrick Belen a souligné qu’il y aurait simplification grâce à l’élargissement des seuils de chiffre d’affaires et à leur diminution en nombre, et les effets liés au passage du seuil seront étalés dans le temps. La création d’une nouvelle entreprise après liquidation d’une précédente pourra intervenir plus rapidement qu’actuellement. Il y aura encouragement du financement participatif. La place de l’entreprise dans la société sera repensée avec des réponses à apporter sur le but de sa création.

Pour sa part, Julien Hostache, directeur général et cofondateur d’Enerfip, société qui propose au public de placer de l’épargne dans les projets d’énergie renouvelable, a souligné que le projet de loi Pacte jouerait favorablement sur l’activité de sa société : « Pour nous qui sommes soumis aujourd’hui à un seuil maximal de collecte fixé à 2,5 millions d’euros par projet alors qu’un parc éolien représente de 20 à 25 millions d’euros d’investissements, cette loi va faire passer notre plafond de collecte de 2,5 à 8 millions d’euros, ce qui sera plus attractif pour les citoyens voulant se saisir de ces projets. Autre avancée, la loi Pacte rendra éligible à la défiscalisation les obligations telles que celles proposées sur la plateforme de notre société ». De telles mesures s’annoncent efficaces. Reste à attendre l’adoption définitive du projet de loi Pacte.

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