Voiture intelligente, IoTerop se connecte au marché automobile

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La start-up montpelliéraine développe des solutions pour la sécurité et la gestion à distance des objets connectés et des solutions dans les secteurs de l’automobile, de l’énergie, de la santé. Elle vient de signer un partenariat avec Thales (groupe PSA) pour des systèmes d’activation à distance de nouvelles options dans ses véhicules en phase avec le marché de la voiture connectée. Les explications d’Hatem Oueslati, CEO de IoTerop, une entreprise qui recrute également…

 

Fondée à Montpellier en 2016 par trois anciens d’Intel et de Palm – Hatem Oueslati, Jacques Bourhis et David Navarro –, incubée par le BIC et désormais hébergée au Village By CA à Montpellier, la start-up a procédé en octobre 2019 à une levée de fonds de 1,5 million d’euros.

La levée de fonds a été collectée auprès du fonds d’investissement parisien Breega, de la société de capital investissement Irdi-Soridec (société de capital investissement régionale opérant dans le sud-ouest de la France, depuis Montpellier, Toulouse et Bordeaux) ainsi qu’auprès de Frédéric Salles, l’ex-CEO fondateur de Matooma et précédent président de la French Tech Méditerranée.

Cybersécurité et IoT

Actrice de la cybersécurité dans le domaine de l’IOT, la jeune pousse s’est fait remarquer en concevant une brique logicielle que les industriels intègrent à leurs objets connectés pour mieux les sécuriser et les manager. IoTerop propose aussi une plate-forme de gestion des flottes massives qui permet de détecter et de révoquer tout objet compromis.



La start-up est ainsi devenue en quelques années l’un des leaders mondiaux de la technologie OMA Lightweight M2M, approuvée en 2017 pour le marché des communications de machine à machine par l’organisme international Open Mobile Alliance (OMA). David Navarro, cofondateur d’Ioterop, a depuis été nommé au comité directeur de l’organisme international jusqu’en 2022. Il siège aux côtés des géants AT&T, Itron et Ericsson !

Les compteurs connectés

La jeune pousse française compte de nombreux clients en Europe, en Amérique du Nord (avec Itron, leader mondial des compteurs intelligents connectés, un marché en croissance exponentielle) et au Japon. Parmi ses autres références, on note EDF, le Suédois Elvaco ou encore le Japonais Access et son opérateur télécoms NTT DoCoMo.

Mais aussi Traxens pour le suivi de ses conteneurs maritimes connectés, Akka Technologies (intégrateur automobile) et Kerlink (fournisseur de solutions réseaux pour l’Internet des objets). Avec Itron (leader mondial des compteurs intelligents connectés), IoTerop innove notamment pour le projet de ville intelligente de Paris, plus particulièrement sur le pilotage à distance de l’éclairage public.



Asie-Pacifique, Amérique du Nord

La crise du Covid ne semble pas avoir d’impact sur la start-up, qui maintient ses projets de croissance. Elle devrait ainsi passer de 15 à 20 salariés d’ici à la fin 2020. Une dizaine de recrutements supplémentaires sont même envisagés pour 2021. Les profils recherchés vont du commercial international au développeur pour renforcer son pôle R&D.

Durant la crise sanitaire, IoTerop s’est en effet concentrée sur les pays et continents les plus préservés. Elle a ainsi signé de nouveaux contrats en Asie-Pacifique et en Australie notamment, où elle entend développer ses activités.


Hatem Oueslati :« Des perspectives puissance 5G »

Entretien avec le CEO et cofondateur de la start-up montpelliéraine IoTerop.

HJE : Vous intervenez dans différents secteurs d’activités dont l’énergie, la santé…

Hatem Oueslati :  « Concernant les énergies, nous intervenons pour EDF et le pilotage IoT de ses centrales nucléaires, dont celle de Golfech (Tarn-et-Garonne), mais également pour le constructeur suédois Elvaco, spécialisé dans les centrales de gestion de pompes à chaleur sur lesquelles est mise en place notre solution logicielle. Dans la santé, nous avons travaillé avec Matooma pour des solutions de gestion à distance de la téléassistance et le maintien à domicile des personnes âgées via les médaillons et box de téléassistance. »

HJE : Les perspectives sont intéressantes pour IoTerop avec la montée en puissance de la 5G et de l’objet connecté…

« La 5G va amener de l’interopérabilité dans la connectivité des objets connectés. Cela va permettre un déploiement d’échelle. Les industriels de l’objet connecté pourront intégrer la technologie 5G dans une seule et même carte électronique qui pourra être fournie et opérée dans le monde entier. Les analystes s’accordent à dire que ce sont des milliards d’IOT qui vont être déployés, avec une augmentation très forte prévue dans le domaine des compteurs intelligents connectés, d’eau, de gaz, d’électricité, des compteurs énergétiques placés dans des bâtiments pour le télécomptage et la télérelève notamment. C’est un cas d’usage qui est en train de se développer massivement sous l’influence des opérateurs et parallèlement au déploiement de ces réseaux 5G mondiaux. Les constructeurs montrent un attrait certain pour des solutions standard de gestion à distance, de device management et de sécurisation.



Il s’agit de pouvoir gérer des flottes massives d’objets connectés répartis dans le monde entier. La partie gestion et maintenance de ces équipements doit impérativement être effectuée à distance. L’intervention humaine, sur place, est impensable. Il faut absolument prévoir, dans l’objet, de mettre en place des protocoles qui permettent de mettre en oeuvre la gestion à distance et la mise à jour logicielle pour gérer le cycle de vie de ces appareils. L’intérêt des solutions IoTerop est qu’elles sont applicables à de multiples segments de marchés. »

HJE : D’où l’automobile…

« Nous mettons un pied sur ce marché, avec PSA et Thales, pour la voiture connectée. C’est une première pour nous dans ce secteur d’activité qui est en général assez difficile d’accès pour une start-up. Mais notre ambition est de placer l’innovation IoTerop dans les milliards d’objets connectés quel que soit leur usage. Comme l’éclairage public par exemple, avec une solution que nous développons avec Itron, un des leaders de l’éclairage public connecté. Ce groupe travaille notamment sur le projet de ville intelligente de Paris, mais aussi à Stockholm ou San Diego. Il adapte nos logiciels, à la fois côté embarqué pour gérer les lampadaires, et côté cloud pour la partie serveur qu’il intègre dans son application métier de gestion de l’éclairage. L’objectif étant que l’on puisse piloter à distance les politiques d’éclairage public de la façon la plus efficace possible, dans un contexte très complexe. »

Propos recueillis par Daniel CROCI

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