Demain, les fermes urbaines : Bao-Lab, le projet BPD Marignan

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© BPD Marignan

Et si le futur urbain s’écrivait durablement en vert ? Un projet de ferme urbaine avait été un temps évoqué à Montpellier, mais il n’a toujours pas abouti à ce jour. C’est désormais du côté de l’Aquitaine et de Bordeaux que se formalise un concept novateur et précurseur. Carmen Peyron, responsable innovation du groupe immobilier BPD Marignan, nous en explique les arcanes. Une invitation à suivre la piste naissante du Bao-Lab…

Des cultures maraîchères, aromatiques ou fruitières sur les toits ou à la place de friches disgracieuses… Le rêve édénique qui émerge peu à peu au coeur de nombreuses capitales européennes – dont Paris – trouve désormais des ramifications en province et notamment à Bordeaux, où le groupe de promotion BPD Marignan mène un projet novateur appelé Bao-Lab.

Une cellule innovation

Responsable innovation chez BPD Marignan, Carmen Peyron travaille sur tous les produits du groupe – logements, bureaux ou résidences gérées – sur l’ensemble du territoire national. Depuis mai 2017, elle oeuvre à renforcer la démarche globale d’innovation à l’échelle du groupe. « L’innovation est ici prise au sens large. Elle inclut non seulement les nouvelles solutions techniques et digitales, mais aussi le développement durable. L’innovation concerne l’opérationnel pour l’amélioration de nos produits, des nouveaux services et usages, et se traduit également dans le nécessaire changement de culture et des pratiques en interne par le développement du mode collaboratif et du mode projet », selon elle.

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Carmen Peyron, BPD Marignan

Cette nouvelle approche a induit, au sein de l’entreprise, l’émergence de communautés de projets qui mobilisent certains collaborateurs volontaires sur des thématiques spécifiques, dans les diverses agences régionales du groupe. Ces études et réflexions peuvent devenir, le cas échéant, un axe stratégique pour le groupe. « L’idée est aussi de favoriser le passage de l’expérimentation à l’industrialisation en intégrant toujours en priorité les spécificités locales des territoires sur lesquels nous intervenons » analyse Carmen Peyron.

C’est ainsi que Franck Baleste, le directeur de l’agence BPD Marignan de Montpellier, et ses proches collaborateurs ont planché avec la cellule innovation sur le logement abordable (Lire l’article HJE en ligne).

A Bordeaux, c’est une ferme urbaine qui va prendre racine durablement… Le projet piloté par Aquitanis, associé de la SAS d’aménagement Bastide Niel, sur la ZAC Bastide Niel (réhabilitant d’anciens bâtiments militaires et une caserne) représente une surface de plancher globale de 355 500 mà 70 % affectée au logement. Cette opération comporte 146 îlots qui composent un nouveau quartier multifonctionnel de centre-ville, engagé dans la labellisation Ecoquartier (phase 2, écoquartier en chantier).

Bao-Lab, un projet organique

Le concept Bao-Lab concerne l’îlot B031 (9 500 m2 de surface de plancher) qui se situe dans une ancienne halle métallique implantée au coeur de la ZAC, à proximité du quai de Queyries. Il est porté, après attribution, par BPD Marignan accompagné de l’atelier d’architecture King Kong. La force de Bao-Lab est d’intégrer pleinement la composante écoresponsable et citoyenne déjà portée sur le site par le collectif Darwin. En effet, dès 2009, sur proposition de la Métropole et de la Ville de Bordeaux, Darwin y a installé une multitude d’activités en préservant au maximum tout ce qui pouvait l’être. Ce patrimoine du XIXe siècle, ainsi protégé, est devenu – sous l’impulsion du collectif – un patrimoine du XXIe siècle économiquement innovant et écologiquement responsable. « Un projet comme Bao-Lab ne peut naître ex nihilo et doit au contraire s’appuyer sur  les initiatives et les associations locales existantes, pour accompagner au mieux les attentes et innover ensemble sur ce nouveau mode de vie partagé » confirme la responsable innovation.

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L’arbre à serres du Bao-Lab, esquisse ©BPD Marignan

Dans le projet, la halle végétalisée s’insère au coeur d’un ensemble résidentiel parfaitement connecté à « l’arbre à serres », comme l’a baptisé Carmen Peyron. En effet, 2.000 mde cultures seront déployés en trois dimensions dans un patio interne à l’îlot, pensé et animé par Sous les fraises®, une entreprise pionnière dans la production biologique de végétaux comestibles en milieu urbain. Elle y développera notamment la culture de variétés anciennes et à haute valeur ajoutée qui pourront trouver des débouchés auprès des particuliers, des restaurateurs bordelais à la recherche de produits frais et gourmands, et des circuits courts de distribution.

Il s’agit d’un jardin vertical immergé au coeur du bâtiment avec des paliers successifs et une serre pédagogique au sommet. Cet « arbre à serres » sera dédié à une agriculture urbaine 3.0 basée sur l’hydroponie avec très peu d’intervention humaine, donc peu de frais de personnel. Outre la dimension productive, Sous les Fraises® assurera un volet pédagogique avec la mise en place d’animations et de réunions d’information sur ces nouvelles pratiques culturales qui ont fait d’ailleurs l’objet d’un dépôt de brevet par l’entreprise. L’exploitant va ainsi développer des animations et des liens sociaux autour de la nature pour le rayonnement interne et externe de sa vision de la ferme urbaine. Bao-Lab agrégera des espaces pratiques (des ateliers de compostage notamment), des aires de coworking, des commerces… par un jeu de labyrinthe structuré par le végétal – cultivé sans pesticides, ni engrais industriels…

Ce projet à forte composante environnementale n’occasionnera aucun surcoût pour les acquéreurs des logements prévus dans le programme immobilier annexe, qui compte 113 appartements, dont 36 logements sociaux. Les logements libres sont composés de lofts et d’appartements d’exception, de logements pour l’investissement patrimonial et de logements pour les primo-accédants et les jeunes ménages. L’activité de production sera maîtrisée par Sous les Fraises®qui en assurera la viabilité. « La volonté du groupe BPD Marignan est d’être clairement acteur d’une ville nature. C’est aujourd’hui une demande politique et sociétale forte. Une nouvelle façon de consommer et de concevoir la ville prend ainsi peu à peu forme », confirme Carmen Peyron.


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