Immobilier à Montpellier et en Languedoc : un effondrement historique des mises en vente

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Laurent Villaret, président de la FPI Occitanie Méditerranée. ©FPI OM

Le logement neuf est en crise, vient d'indiquer la FPI Montpellier Occitanie. A l’image de la tendance nationale, le marché de la promotion immobilière en Languedoc-Roussillon accuse, au 1er semestre 2020, une nouvelle baisse des mises en vente. Il s’agit du plus faible volume enregistré depuis quinze ans, indique Laurent Villaret, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers du Languedoc. La crise sanitaire n’est pas seule responsable de ce manque d’alimentation du marché.

Après la toute récente annulation du salon de l’immobilier de Montpellier (pour sa partie physique, mais le salon virtuel en ligne est maintenu, lire notre article), les statistiques publiées par la fédération ne sont pas rassurantes pour un secteur dont le rebond technique d’après Covid reste à vérifier sur la durée. Avec une baisse de 60 % des mises en vente en 2019 par rapport à 2018, la FPI-OM craint une orientation des prix à la hausse.

Un volume de mises en vente diminué de moitié

Au premier semestre 2020, avec 1 330 logements neufs lancés à la commercialisation en Languedoc-Roussillon, l’activité connaît une baisse de 50 % de son alimentation par rapport au 1er semestre 2019. Les mises en commercialisation sur la métropole de Montpellier se limitent à 653 logements neufs sur 6 mois, soit 54 % de moins que sur la même période de 2019 (1 410 logements). (Source : Adéquation)

La crise sanitaire n’est pas seule responsable de ce manque d’alimentation du marché.

Avant même l’apparition du Covid-19, tous les facteurs favorables à cette tendance étaient déjà présents sur le marché et déjà relevés par la FPI OM en 2019 :

  1. Une forte inertie dans le montage des opérations, due notamment à l’approche des élections municipales qui freinent les opérations d’urbanisme.
  2. Un effondrement des mises en vente dans l’ensemble du Languedoc-Roussillon sur l’année 2019 : -50% par rapport à 2018 (4 307 vs 6 525 logements). Même constat sur la métropole de Montpellier en 2019 : -60% comparé à 2018 (2 465 vs 3 141 logements).
  3. Un manque de renouvellement de l’offre foncière.

Une stabilisation des prix, mais pour combien de temps ?

Seul élément positif : la hausse des prix a été jugulée. Ainsi, sur l’ensemble du Languedoc-Roussillon, le prix moyen au mètre carré habitable est inchangé au 2e trimestre 2020 par rapport au 2e trimestre 2019 (3 879€ hors stationnement) et sur la métropole de Montpellier la hausse est limitée à 1% (4 278€ vs 4 160€ hors stationnement). Laurent Villaret souhaite que cette stabilisation des prix se maintienne et que cette crise de l’offre n’entraîne pas une nouvelle hausse. Pour rappel : entre 2013 et 2020, les prix ont augmenté de 15 % (4 278 € vs 3 623 €/m2 hors stationnement) sur la métropole de Montpellier représentant en sept ans un surcoût de 655 €/m2 habitable ! Cette crise de l’offre a un impact direct sur la production de logements sociaux et de logements abordables. Une production principalement assurée par les promoteurs de la FPI Occitanie Méditerranée, qui sont à l’origine en 2020 d’environ 70% des opérations de logements sociaux et de la quasi-totalité des opérations de logements abordables.

Les ventes en août et en ce début de septembre s’accélèrent, et on constate déjà une reprise post-Covid très encourageante. Car aujourd’hui, l’essentiel pour la profession est de pouvoir satisfaire cette demande. Pour rappel : le PLH de la métropole montpelliéraine recommande la production de 5 000 logements par an. En 2020, cette production ne devrait pas dépasser 3 000 à 3 500 logements (dont environ 2 000 logements libres et abordables et 1 500 logements sociaux) !

Le logement, angle mort du plan de relance..

Pour Laurent Villaret : « Le logement neuf, qui répond aux besoins des Français tout en soutenant la croissance, a toujours été au cœur des plans de relance. 2020 marque une rupture : les mesures de soutien à la construction sont peu ambitieuses et n’auront pas d’effet immédiat. Un complément est rapidement indispensable. Le soutien de la rénovation est nécessaire et pertinent, mais il remet très peu de logements sur le marché. Nous avons donc toujours besoin de produire du logement neuf. Pour cela, il faut faciliter la production par la simplification administrative et la digitalisation. Il faut surtout prolonger les dispositifs de soutien (Pinel et PTZ), qui arrivent à échéance en 2021, en les faisant évoluer si nécessaire : il est encore temps de le faire dans le Projet de Loi de Finances 2021. »

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