FACE Hérault : des solutions urgentes pour les familles monoparentales et femmes isolées

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« Familles monoparentales et femmes isolées » était le thème de la conférence inversée qui s'est tenue le 7 mars 2019 à Montpellier, à la Maison des avocats. Après un échange avec la salle, plusieurs pistes ont été lancées sur 3 grands thèmes : économie, administration et parentalité.

Trois mots d’ordre ont prévalu : simplification, communication et reconnaissance pour créer un guichet unique, un service public des pensions alimentaires et adapter la loi afin de reconnaître les familles monoparentales.

Trois mots d’ordre : simplification, communication et reconnaissance

En France une famille sur cinq est monoparentale, 86% des familles monoparentales sont des mères avec enfant(s) et l’Hérault fait partie des départements comprenant plus de 25% de familles monoparentales. Il était nécessaire de donner la parole aux familles devant un parterre de responsables institutionnels et économiques (représentant du préfet, élus de collectivités, avocats, huissiers, chefs d’entreprise, associations, organismes publics, CAF, services de police).

Après les interventions du bâtonnier Rémi Lévy ; de Pascale Mathey, directrice adjointe de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale représentant le préfet ; et de Me Michèle Tisseyre, présidente de FACE Hérault, quatre témoins, tous d’origines géographiques et socioprofessionnelles différentes, sont venus partager à la fois le parcours du combattant qu’ils ont enduré, les non-sens auxquels ils ont été confrontés et leurs propositions.

Plusieurs pistes économiques, administratives et de parentalité ont été lancées, avec trois mots d’ordre : simplification, communication et reconnaissance.

Une thématique économique et géographique

« On est à Lodève, zone sinistrée, quartier prioritaire, il n’y a pas de travail. Je suis fleuriste, animatrice, patron de café, j’ai exercé dans plusieurs secteurs d’activité : mais ce sont des activités où l’on travaille le soir, le week-end. Je ne peux pas faire garder mes enfants. Je veux travailler, j’aime travailler, mais je ne peux pas et je suis en galère », déclare Anne.

Le constat d’un cercle vicieux : la perte du logement lors de la séparation amène des difficultés de relogement, qui conduit également à s’éloigner des bassins d’emploi pour trouver des logements abordables. Cela provoque des problèmes d’employabilité et de modes de garde, compte tenu des temps de trajet qui s’allongent. Les familles monoparentales sont mal reconnues par les bailleurs.

Les pistes de progrès

Un accompagnement renforcé des communes (certaines ont des dispositifs spécifiques, mais pas toutes), une baisse des loyers nécessaire sur les centres urbains, le développement de modes de garde adaptés aux monoparents (horaires décalés, élargissement des jours enfants malades aux problème de garde).

Une thématique administrative

« Il y a des problèmes financiers : est-ce que je vais être payée de la pension alimentaire et quand ? C’est tous les mois la même question. Par exemple, si j’ai une pension alimentaire de 500 euros impayée, la CAF nous paie 200 euros, je fais intervenir un huissier, la CAF demande à être remboursée, la pension n’est toujours pas reçue et je dois commencer à rembourser la CAF et à payer les frais d’huissier » indique Anne-Marie.

Le constat d’une information non claire, dispersée et d’une charge administrative portant sur les familles au détriment de la construction d’une entente entre les parents et du bien-être des enfants.

Les pistes d’évolution

Un guichet unique pour les familles confrontées à la séparation, une obligation de réunion d’information sur les dispositifs de médiation, un système public de récupération et de versement des pensions alimentaires, une adaptation des contraintes légales et règlementaires aux familles monoparentales (prendre en compte la garde alternée dès le 1er enfant, prendre en compte le changement de revenus N-1 voire N pour les indépendants et libéraux sur le calcul des prestations CAF, accompagner les parents aux démarches en ligne.

Une thématique de parentalité

« 70% des familles qui divorcent ont un enfant entre 0 et 5 ans, c’est bien qu’il y a un problème ! » déclare Anne pendant son témoignage.

Le constat d’un véritable problème de santé publique pour les parents isolés (fatigue psychologique et physique entraînant des problèmes médicaux), pour les enfants (augmentation de survenance des conduites à risque).

Les pistes d’évolution

Accompagner les couples à la naissance d’un enfant, aider à la création de réseaux de parents, aide à la mise en relation avec des grands-parents disponibles pour garder des enfants bénévolement de temps en temps, mieux communiquer sur les dispositifs existants « Rester parent après la séparation » de la CAF, faciliter l’accès aux loisirs (financièrement, par des modes de garde, considérer les familles 1 + 2 comme des familles nombreuses pour les offres forfait famille), telles sont les pistes à étudier.


A propos de FACE Hérault

La Fondation Agir Contre l’Exclusion est une fondation abritante reconnue d’utilité publique, créée en 1993 par 14 grands groupes français, qui mobilise aujourd’hui plus de 6.000 responsables de PME, de PMI et de grandes entreprises contribuant à la cohésion et au développement de la société. Ce grand mouvement national d’entreprises engagées socialement se décline au cœur des territoires en mobilisant des acteurs publics, associatifs, territoriaux et économiques au sein de plus de 60 clubs locaux nationalement et internationalement.


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