Le Bâtonnier du Barreau de Montpellier Rémy Lévy : « Retraites… ça va vraiment finir par casser »

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© Herault Juridique 2019, Daniel Croci

De plain-pied dans la contestation face à la réforme du système des retraites, les 1.200 avocats du barreau de Montpellier veulent décider de l’avenir de leur profession. Me Rémy Lévy, le bâtonnier en exercice, dresse un rapide bilan de l’année 2019 et s’inquiète de la tournure potentielle des événements à venir… Entretien.

HJE : Quel bilan tirez-vous de l’année écoulée, marquée notamment par des mouvements d’ampleur de la part de la profession ?

Me Rémy Lévy : « L’Ordre des avocats de Montpellier, septième barreau de France, a un bilan un peu comparable à ceux de tous les barreaux français. J’échange beaucoup avec les représentants des grands et petits barreaux parce que les bâtonniers constituent véritablement une famille réunie dans la Conférence des Bâtonniers. Je peux dire qu’aujourd’hui, le bilan est très négatif sur plusieurs plans. Sur notre activité, avec des réformes qui interviennent dans le mépris le plus total de la profession. Ce fut le cas avec le projet de loi Justice l’an dernier. Il est passé en force mais avec quasiment personne pour le voter à l’Assemblée nationale. Cette année, on parle beaucoup des retraites, mais une nouvelle catastrophe arrive avec la réforme de la procédure civile instaurée depuis le 2 janvier, dont les décrets sont parus le 12 décembre. On n’a jamais vu ça ! En général les praticiens avaient a minima six mois à un an pour prendre connaissance du texte de loi et prendre le temps de l’étudier ».

HJE : Sur la question des retraites, les avocats seront à nouveau mobilisés…

« Ces mouvements s’ajoutent aux grèves du 15 septembre – avec 20.000 avocats mobilisés sur les 60.000 que compte la profession – des 5 et 17 décembre 2019. J’aurai personnellement totalisé plus de journées de grève en quatre mois qu’en quarante et un ans de carrière ! Concernant la réforme des retraites, nous avons eu comme interlocuteur M. Delevoye. On a pu avoir quelques raisons de s’interroger sur les fondements profonds de sa propre retraite. J’espère qu’il a préparé la réforme plus sérieusement que sa déclaration à la Haute Autorité de la Vie publique. On peut se poser des questions, non seulement vis-à-vis de notre profession, mais aussi sur le but de cette réforme désengageant totalement l’Etat au profit des assurances. C’est aussi le cas pour l’aide juridictionnelle, puisque le projet serait peut-être de la confier aux assureurs. Au-delà des premières lignes que l’on décèle, on peut suspecter une organisation future purement économique de l’activité judiciaire ».


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