L’Incubateur du Barreau de Montpellier opte pour le « langage juridique clair »

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Quel justiciable ne s’est pas un jour heurté au mur infranchissable du sabir mystérieux et abscons du monde juridique ? Face à la volonté de renforcer l’accessibilité au droit et sa compréhension, des travaux sur le langage clair sont menés par diverses organisations et associations. L’Incubateur du barreau de Montpellier veut montrer la voie et propose en partenariat avec l’EFACS, le 12 juillet prochain, une première formation sur cette thématique. Décryptage…

L’heure est à la simplification. Sous l’impact du diktat du numérique et d’Internet – les journalistes en savent quelque chose – la rédaction des articles et documents se « minimalise », se contracte, et vise au minimum exprimé pour toucher une audience maximale. Pour tout dire, il faut faire court, simple et accessible. Le langage juridique clair (LJC) est une alternative pour évoquer et écrire de manière claire, précise et efficace les textes juridiques, afin que chacun – tout le monde – comprenne sans avoir fait des études de droit. Selon l’association Droits quotidiens, l’emploi d’un langage clair dans toute communication juridique serait même un gage de succès. Une façon de se rapprocherdavantage des clients fermés aux arguties et tournures absconses et érudites du lexique judiciaire.

Un intérêt professionnel

Le LJC croise en cela de nombreux intérêts professionnels, économiques et sociaux recherchés aussi bien par les entreprises que par les organisations sociales, par les pouvoirs publics et attendus par les citoyens. « Un client satisfait est un client fidélisé, avec une profession valorisée » estime l’association. Car il s’agit bien de rédiger, améliorer et réécrire l’ensemble des documents juridiques interfaces entre le professionnel et le client : courriers juridiques, contrats, conditions générales, formulaires, newsletters, articles ou brochures, etc.

Un parcours augmenté d’accès au droit

Certains observateurs parlent même d’un parcours augmenté d’accès au droit. D’autres évoquent un risque accru de montée des litiges parce que le droit, ce n’est pas si simple. « Le monde juridique est encore aujourd’hui très fermé pour les citoyens. On y pratique un langage complexe et souvent difficilement compréhensible en s’appuyant sur des textes et références techniques peu accessibles pour les citoyens » précise pour sa part Didier Ketels, cofondateur de Droits Quotidiens France.

Premiers pas en France

Né il y a vingt ans pour fournir de l’information juridique vulgarisée à tous les justiciables, le site belge Droits Quotidiens a désormais un petit frère français (accessible à l’adresse https://www.droitsquotidiens.fr/). Depuis 2018, le réseau francophone du langage juridique clair (LJC) fait ses premiers pas en France. La volonté du nouveau réseau est de réunir progressivement tous les experts de ce domaine  inédit. Ceux-ci viennent des milieux de la communication, du numérique, du judiciaire, du monde universitaire, de l’économie sociale et solidaire, etc. Une vingtaine d’experts ont déjà marqué leur intérêt pour créer cette communauté. Elle s’inscrit dans l’innovation collaborative.

Coconstruire un référentiel

Son premier chantier est de construire ensemble un référentiel de compétences pour le juriste qui produit des contenus en langage juridique clair. Les questions restent toutefois multiples. Faut-il structurer cette approche par bloc de compétences (communicationnelles, juridiques, linguistiques, design, etc.) ? Ou faut-il plutôt imaginer un parcours de formation rassemblant des compétences, des savoirs et des savoir-être ? L’IdBM a choisi de mettre en place une formation en partenariat avec l’Ecole des Avocats (Efacs) de Montpellier (voir ci-dessous).


Formation : Comment intégrer le langage clair

Le 12 juillet, la session de formation sur le langage clair et le legal design organisée par l’incubateur du barreau de Montpellier, en partenariat avec l’Ecole des Avocats Efacs Montpellier, sera assurée par l’ONG belge Droits quotidiens, spécialiste du legal design.

• Participation : 300 euros HT. Elle compte pour 6 heures de formation. Prise en charge partielle possible par FIFPL.

Attention, cette session est limitée à 15 places.

• Lieu : Efacs de Montpellier.

• Inscription sur le site de l’Incubateur du barreau de Montpellier (www.incubateur-barreaudemontpellier.fr)
ou auprès du cabinet Iparme : 04 67 58 52 09.


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