Me Gilles Gayraud : « La Chambre va aller à la rencontre des notaires »

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Me Gilles Gayraud, président de la Chambre des notaires de l'Hérault © Daniel Croci, HJE 2020

Elu le 10 septembre à l’occasion de l’assemblée générale des notaires qui s’est tenue à la cathédrale de Maguelone, Me Gilles Gayraud, nouveau président de la Chambre départementale des notaires de l’Hérault, a reçu la rédaction de l’HJE dans son nouveau bureau, en cours de rénovation.

Me Gayraud, quel a été votre parcours ?

Me Gilles Gayraud : « J’ai 53 ans, je suis marié et père de deux enfants. J’ai fait mes études secondaires à Béziers, puis mes études supérieures à la faculté de droit de Montpellier. J’ai ensuite effectué des stages à Rodez, dans l’Aveyron, chez Me Combret, puis des va-et-vient entre Béziers et Montpellier. J’habite Pignan. J’ai été nommé notaire à Pignan en 2003. J’ai également exercé diverses fonctions au sein de la Chambre des notaires de l’Hérault – membre, syndic, secrétaire, premier syndic et vice-président – avant d’en devenir le président. »

Quels sont vos loisirs favoris ?

Me Gilles Gayraud : « Je pratique régulièrement du sport pour mon équilibre, mais je ne suis pas pour autant un grand sportif ! J’aime la lecture, les ouvrages classiques essentiel­lement. Et je suis passionné de viticulture et d’œnologie, mes parents – et grands-parents avant eux – étant viticulteurs à Saint-Chinian. »

Quel a été votre ressenti lors de votre élection ?

Me Gilles Gayraud : « J’ai eu le sentiment d’être très bien accueilli. Certains confrères m’ont fait l’amitié de me rejoindre à la Chambre, ce qui n’est pas rien, étant donné la somme de travail que ça représentera pour eux. »



Quels sont vos projets pour la Chambre et la profession ?

Me Gilles Gayraud : « Je dirais plutôt que ce sont des souhaits. J’en formulerai trois. Si je réussis à en mener deux à bien durant les dix-huit mois de mon mandat, je serai déjà satisfait.

• Mon premier souhait est de recréer de la proximité et de la confraternité au sein de la Chambre. En effet, nous sommes passés d’un effectif de 180 notaires en 2003 à un effectif de quasiment 300 notaires actuellement. Il y a eu de nombreuses arrivées de notaires tirés au sort ces quatre dernières années, avec la loi croissance. Résultat, quand nous sommes tous réunis, il y a parmi nous un tiers de notaires que nous ne connaissons pas. Il faut recréer du lien. Pour cela, nous allons créer des arrondissements au sein du département. Il existe actuellement trois associations de notaires dans le département, dont deux en sommeil. Nous allons nous appuyer sur la première d’entre elles, l’ANAB (Association des notaires biterrois), qui fonctionne très bien. Elle a une cinquantaine d’années et une centaine de notaires inscrits. Je prendrai exemple sur cette association. Deux autres associations sont en sommeil : La Couronne, qui regroupe les offices autour de Montpellier ; et l’Association des notaires de Montpellier, qui rassemble ceux de Montpellier. Je souhaite qu’une quatrième association soit créée, regroupant la basse vallée de l’Hérault, Sète, le bassin de Thau et le littoral. Une consœur a accepté de la présider, et plusieurs confrères vont l’épauler. Mon prédécesseur, Me Duforest, a instauré une charte de proximité et confraternité votée en assemblée générale. Il s’agit d’aller plus loin grâce aux outils que sont ces associations.



• Mon deuxième souhait est d’accueillir et de former les notaires créateurs et les notaires salariés afin de les faire entrer dans nos instances. Un quart des notaires sont des créateurs. Il y a 6 places dans la deuxième vague de tirages au sort. Et on oublie souvent les notaires salariés, qui sont pourtant des notaires de plein exercice ! Nous devons les intégrer pleinement. Cette année, d’ailleurs, une notaire salariée est entrée dans nos instances. Parmi les créateurs, certains viennent d’autres régions. Ils n’ont pas d’obligation de se présenter à la Chambre et sont déconnectés de la chambre. Selon moi, il est nécessaire de les accompagner et de les former, notamment à la comptabilité. Car une étude notariale est avant tout une entreprise, qui doit être bien gérée. Les former aussi à la déontologie, qui est un enjeu important de la profession. En mai 2021 aura lieu le renouvellement du tiers du bureau de la Chambre de l’Hérault. Il y aura donc 8 nouveaux membres sur les 21 que compte le bureau. Je souhaite qu’une commission pour accueillir les créateurs soit créée, incluant les formations que je viens d’évoquer. Chaque président a fait un pas dans ce sens ; il faut y revenir à chaque présidence, car il s’agit d’une vraie problématique.

Me Gilles Gayraud, président de la Chambre départementale des notaires de l’Hérault. © Daniel Croci, HJE 2020.

• Mon troisième souhait concerne la professionnalisation des instances. Nos permanents fournissent un travail formidable. Mais la présidence de la Chambre des notaires est une charge très lourde. Le président est extrêmement sollicité, de toutes parts. Le vice-président également. Nous comptons parmi les plus grosses compagnies de notaires
de France ! Il me semble que nous sommes la sixième de l’Hexagone. Nous avons changé d’échelle. Selon moi, le président de la Chambre départementale devrait uniquement superviser les services généraux et les relations publiques, et certaines délégations devraient être attribuées à des membres de la chambre. »

Quand se déroulera votre première réunion de chambre, et sous quelle forme ?

Me Gilles Gayraud : « Le 2 octobre aura lieu une réunion de chambre délocalisée dans l’arrière-pays biterrois, à Assignan. Je souhaite délocaliser régulièrement nos réunions, pour que la Chambre aille à la rencontre des confrères. Jusqu’ici, certains notaires devaient faire deux heures de route pour venir à la Chambre. Désormais, c’est la Chambre qui ira au-devant d’eux. Idem pour les assemblées générales, qui pourront éventuellement se tenir hors de Montpellier. Mes prédécesseurs, Me Vidal et Me Duforest, ont mis en place des formations délocalisées. Je veux continuer dans ce sens. »



Comment voyez-vous l’avenir du notariat ?

Me Gilles Gayraud : « Le notariat doit tourner la page de la loi croissance. Nous avons relevé ce défi. Je considère l’arrivée de tous ces jeunes notaires comme une opportunité et
une chance, plutôt qu’un inconvénient. Ils ont de nouvelles compétences, de nouvelles idées et de l’énergie. Voilà pourquoi je veux les faire entrer dans la Chambre. La société va très vite et nous devons aller dans son sens ; nous devons nous adapter. Je ne suis plus le notaire que j’étais en 2003 à mes débuts, et je ne serai pas non plus le même notaire dans dix ans. Le notaire doit sortir de sa zone de confort. »

Cela passe par la numérisation, voire le télétravail ?

Me Gilles Gayraud : « Oui, et le confinement nous a confirmé la nécessité d’accélérer la digitalisation. Dans mon étude, par exemple, avant le confinement, nous avions évoqué le télétravail, mais nous avions ensuite laissé ce sujet de côté. Le confinement nous a obligés à le mettre en place. Depuis le déconfinement, le personnel est demandeur de télétravail. Nous disposons des outils numériques adéquats : l’acte électronique fonctionne. Grâce au CSN et au ministère, la comparution à distance a pu être testée. Elle permet de converser avec le client, qui signe l’acte chez lui, avec une validation immédiate sur le logiciel. L’avantage est notable pour nos clients situés à l’étranger. Sans la comparution à distance, ils sont obligés de se déplacer jusqu’en France pour se présenter à l’étude, puisque les consulats n’ont plus de fonction notariale. La comparution à distance a fonctionné malgré quelques couacs. Le CSN souhaite la réactiver et qu’elle devienne un outil quotidien. Quant à la visioconférence, le CSN veut que toutes les études en soient équipées au 31 décembre 2020. Le ministère de la Justice a lui aussi la volonté que tous ces outils de simplification soient mis en place rapidement. »

Propos recueillis par Virginie MOREAU
vmoreau.hje@gmail.com

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