Le débat Ezratty vs Kœnig : qu’attendre du numérique pour l’expertise comptable ?

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Le face à face entre l'économiste et le philosophe lors de l'assemblée générale des experts-comptables de la région de Montpellier au Corum, le 5 octobre. HJE 2018, D. Croci.

« Le développement du numérique impacte notre société, l’économie et le métier d’expert-comptable. Jusqu’où le phénomène peut-il aller ? Quelle sera la place de l’humain dans le monde qui vient ? », s’interroge Philippe Lamouroux, président du conseil régional de l’ordre des experts-comptables de la région de Montpellier, introduisant le débat entre Olivier Ezratty, consultant expert en innovation, et Gaspard Koenig, philosophe. Tout au long des échanges organisés dans le cadre de l'assemblée générale des experts-comptables de la région de Montpellier, le premier se montre serein quant à l’avenir, alors qu’au contraire, le second affiche ses inquiétudes.

Le numérique, bouleverse-t-il la perception du temps ?

Pour Olivier Ezratty, la transformation numérique avec notamment internet et les mobiles à haute performance modifie la perception du temps. Les outils de communication extrêmement rapides comme Whatsapp, Facebook, les SMS conduisent les personnes à répondre dans l’immédiateté. Résultat : ils deviennent exigeants par rapport au temps, ne supportent plus d’attendre. Selon Olivier Ezratty : « Il n’y a pas véritablement d’accélération, mais désormais le temps est découpé en petits morceaux. Par exemple, le cadre doit gérer beaucoup plus de tâches que par le passé. Le secrétariat a disparu et il saisit lui-même ses documents, réserve ses billets d’avion… D’où des interactions multiples avec différentes personnes et donc une attention différente pour notre cerveau. Celui-ci est ainsi reprogrammé pour s’habituer à l’instantanéité, et l’important défi qui se présente pour presque tous les métiers du monde, c’est de gérer cette nouvelle équation temporelle. »

Gaspard Koenig ne partage pas cette analyse. « Le rythme humain ne change pas fondamentalement. On a plus accès aux livres via le net, mais on ne lit pas plus pour autant. La vitesse de l’information fait obstacle à la concentration et contribue à détruire l’individualité », souligne-t-il. Selon lui, la principale nouveauté dans le monde actuel, c’est la désintermédiation. Il précise : « On n’appartient plus à un ensemble fixe donné, que ce soit une entreprise, une famille ou la Nation. » A titre d’illustration, Gaspard Koenig met en avant le développement du travail indépendant aux dépens du travail salarié. Or, notre système social n’en a absolument pas pris la mesure, puisque le système de solidarité repose toujours sur la notion d’un individu travaillant dans la même entreprise pendant trente ans. « Un tel système ne marche plus, affirme le philosophe et c’est pourquoi nous proposons dans le think-tan Génération libre la mise en place d’un revenu universel appelé à remplacer les dispositifs sociaux actuels. »

Le Web, est-il dangereux ?

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