Philippe Lamouroux : « L’optimisme de la volonté et de l’action »

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Philippe Lamouroux, le président des experts-comptables de la région de Montpellier.

Les experts-comptables de la région de Montpellier se réuniront en assemblée générale, le 5 octobre prochain au Corum de Montpellier. Entretien avec Philippe Lamouroux. Le président du conseil de l’Ordre régional, évoque notamment les enjeux de la profession liés à la promulgation de la prochaine Loi Pacte, et les mutations en cours. Ainsi que la création du portail www.creer-developper-occitanie.fr que le conseil régional lance ce mois-ci.

Alors que le Conseil de l’Ordre régional vient d’obtenir l’organisation du congrès national à Montpellier en 2021, le président du conseil de l’Ordre des Experts-comptables de la région de Montpellier a accordé une interview à l’Hérault Juridique & Economique pour évoquer les thématiques qui seront abordées lors de l’AG du 5 octobre organisée au Corum de Montpellier.

HJE : Quelle sera la teneur de votre assemblée générale ?

Philippe Lamouroux : « Je dirais que, comme en patinage artistique, il y a des figures imposées et des figures libres (rires). Imposées avec la partie régalienne, puisque l’objectif d’une assemblée générale est de rendre compte de l’année écoulée devant le millier de confrères invités à participer à cet événement. Dans les figures imposées, nous aurons en fin de journée un moment important : la prestation de serment des nouveaux experts-comptables. Cette année, une trentaine de confrères et de consoeurs nous rejoignent et vont entrer de plain-pied dans la profession. Côté figures libres, l’assemblée générale est l’occasion de se dire : « on met sur pause, on prend un peu de hauteur et de recul et l’on essaie de voir l’avenir de la profession par le prisme de personnalités invitées extérieures à la profession ». L’an dernier, c’est un paléoanthropologue — Pascal Picq — qui avait partagé sa science et son approche. Cette année, deux invités prestigieux et pertinents animeront la partie débats : Olivier Ezratty, consultant auprès de l’Europe et spécialiste en innovation et de la nouvelle société numérique ; et le philosophe de notoriété nationale — pour ne pas dire plus — Gaspard Koenig, qui est également le président du think-tank GenerationLibre. L’ambition de cette conférence ? Savoir jusqu’où l’on pourra aller dans cette évolution technologique tant sur les plans éthique que sociétal, et comment notre profession peut y participer. Il y aura aussi une partie plus conviviale en soirée avec le concert du jeune et talentueux jazzman Charles Pasi, programmé au dernier festival de Marciac. Charles-René Tandé, notre président national, sera lui aussi présent pour nous parler de l’actualité de la profession, qui est en ce moment particulièrement riche. »

Vous attendez de bonnes nouvelles de sa part quant au développement de la profession ?

« On va dire que la profession est actuellement chahutée. Pour autant, comme je l’indique dans mon rapport moral,  « Au pessimisme de la raison, il faut préférer l’optimisme de la volonté et de l’action ». Nous sommes obligés de constater l’évolution de notre profession soeur de commissaire aux comptes (MaJ 28/09/18)  la réforme territoriale… Et bien que l’on ne soit pas en accord avec les décisions prises par notre instance de tutelle, nous faisons avec. Il faut rebondir. En expertise comptable nous avons un principe, celui de la continuité d’exploitation. On se l’applique à nous-mêmes, tant au niveau du conseil régional de notre profession que dans les cabinets. Nous considérons qu’il vaut mieux avancer avec l’optimisme de la volonté et de l’action. »

Avec les incertitudes d’une Loi Pacte qui risque de modifier sensiblement le périmètre de la profession…

« La loi est en cours de discussion au Parlement. Face au Plan d’action pour la transformation et la croissance des entreprises, la fameuse Loi Pacte, notre institution nationale a fait des propositions au gouvernement – NDLR : lire en page 7. Nous sommes dans l’expectative. Quelles seront les propositions retenues dans cette loi ? Nous ne le savons pas, même si nous avons quelques signes encourageants qui permettent d’envisager d’obtenir quelques éléments de satisfaction. »

Lesquels ?

« Je pense que certaines propositions ne vont pas poser problème. Mais il y en a une importante que j’attends : celle d’être tiers de confiance. Elle marquerait une reconnaissance implicite, très claire et très nette par notre tutelle, le ministère des Finances, et de la part de l’Etat. Nous sommes aujourd’hui reconnus par nos clients TPE et PME. Nous sommes présents dans près de 93 % des entreprises de moins de 20 salariés. La tutelle fait d’ailleurs beaucoup appel à nous, notamment pour la mise en place du prélèvement à la source (PAS). Et nous avons largement contribué à la e-modernisation de l’administration fiscale avec la TDFC, l’e-TVA, la DSN, le PAS aujourd’hui. Nous répondons à chaque fois présents.

On aimerait que cela soit reconnu, tout simplement. La profession est une interface essentielle entre le gouvernement et le réseau des petites et moyennes entreprises. Nous sommes une profession citoyenne et nous continuerons à l’être. L’obtention du mandat implicite, à l’instar de ce dont bénéficient les avocats, est également attendue. Nous aimerions également obtenir le mandat de paiement, pour pouvoir aider nos clients dans la délégation administrative… »

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