Steve Amat, CRCC de Montpellier : « L’apport d’une expertise aux chefs d’entreprise »

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De gauche à droite : André Deljarry, président de la CCI de l’Hérault, Pierre Chauvois, président de la Banque Populaire Sud, Jean-Marc Daniel, économiste, Steve Amat, président de la CRCC de Montpellier et Jean Bouquot, président de la CNCC. © HJE 2018, Yves Topol.

Tenue le 21 septembre dernier, l’assemblée générale de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC) de Montpellier a réaffirmé le rôle majeur de la profession pour la société française. Mais à quelques jours de l’engagement du débat parlementaire sur la loi Pacte, l’inquiétude prévaut.   

Après la réunion statutaire et le discours prononcé par Jean-François Laffont, vice-président de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC), l’autre temps fort de l’assemblée générale de la CRCC de Montpellier a été la conférence de l’économiste Jean-Marc Daniel (voir par ailleurs) suivie d’un débat avec Jean Bouquot, président de la CNCC, André Deljarry, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de l’Hérault et Pierre Chauvois, président de la Banque Populaire Sud.

L’apport d’une expertise aux chefs d’entreprise

Dans son discours d’introduction à la conférence, Steve Amat, président de la CRCC de Montpellier, a tenu à rappeler le rôle majeur du commissaire aux comptes pour la société française : « Ses interventions dans les entreprises les plus importantes, soit 200.000 sur les 4 millions que compte la France, lui permettent d’avoir un regard précis et d’apporter une expertise aux chefs d’entreprise. » Ainsi, il analyse rapidement les risques, les forces et les faiblesses des organisations et des systèmes d’information mis en place par les entités qu’il audite. « J’invite les dirigeants à échanger avec leur commissaire aux comptes pour connaître son analyse et ainsi faire progresser leur organisation. Je les invite également à communiquer plus largement le rapport de certification, gage de transparence et de sincérité financière, et source de confiance pour tous les partenaires de la société », lance Steve Amat.

Une mission source de valeur ajoutée

Selon lui, la mission légale du commissaire aux comptes est source de valeur ajoutée, accélératrice de croissance pour les sociétés françaises en particulier, pour l’économie française en général. Cette mission ne se limite pas à la certification des comptes, contrairement à tous les autres pays d’Europe. Le législateur lui a en effet également donné les prérogatives pour prévenir les difficultés des entreprises. Il constitue une véritable vigie économique et un donneur d’alerte pour le chef d’entreprise. « Ce rôle permet notamment aux sociétés ayant un commissaire aux comptes d’avoir 25 à 30 % de plus de chances d’éviter une procédure collective », souligne Steve Amat

Relèvement des seuils : « la méconnaissance de notre mission »

Le président de la CRCC de Montpellier revient alors sur le relèvement des seuils d’intervention des commissaires aux comptes en France, porté par le projet de loi Pacte : « Les arguments avancés d’harmonisation européenne, de simplification administrative et d’économie de coût, en partie faux, démontrent surtout la méconnaissance de notre mission. Ils sont même à notre avis dangereux économiquement. Le règlement européen prévoit bien des seuils indicatifs. Mais les différents pays y dérogent à la hausse ou à la baisse en fonction de la réalité de leur tissu économique. » Ainsi, la comparaison de l’économie allemande et de l’économie française n’aurait aucune légitimité. Alors que la première est constituée de multiples Entreprises de taille intermédiaire (ETI) et de grandes entreprises, la seconde se compose de très nombreuses petites entreprises.

« Nous refusons également d’endosser le rôle de complexité administrative trop coûteuse, poursuit Steve Amat. Nous garantissons la confiance et favorisons la croissance au travers de nos missions pour un coût de moins de 500 € par mois en moyenne pour des entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires de plus de 3 millions €. » Il fait également allusion aux autres contraintes imposées par le gouvernement : le régime bénéficiaire effectif, le RGPD, le prélèvement à la source… Autant de sujets éminemment coûteux, en temps et en argent, pour les entreprises françaises.

 

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