Le préfet Pouëssel confirme le succès d’Embauche PME

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Le préfet de l’Hérault Pierre Pouëssel, qui a reçu la presse le mercredi 1er juin 2016, a indiqué que le département de l’Hérault était en cinquième position des départements français ayant le plus sollicité le dispositif national d’aide à l’embauche, Embauche PME.

9 400 demandes d’aide dans l’Hérault

« Dans le département, le dispositif Embauche PME, lancé en janvier 2016, est un véritable succès », a indiqué Pierre Pouëssel. « 9 400 aides ont été sollicitées en seulement 4 mois et demi, depuis l’ouverture du dispositif. » A titre de comparaison, la Haute-Garonne et Toulouse en comptabilisent un millier de moins. « Il faut toutefois nuancer, a-t-il expliqué. Les structures d’emploi sont différentes entre les deux départements. L’Hérault dispose de peu d’emplois industriels, contrairement à Toulouse. Il y a aussi un phénomène saisonnier plus fort dans l’Hérault, lié notamment au tourisme, et dont il faut tenir compte ». Pierre Pouëssel a également indiqué que les chiffres de l’économie départementale étaient plutôt bons, à en croire les dernières statistiques de l’Insee datant de 2015, croisées avec celles de l’Urssaf, annonçant un seuil positif de 6 200 créations d’emplois (5 000 pour l’Insee). « On n’avait pas vu cela depuis 2008 », a commenté le préfet.

160 000 entreprises bénéficiaires sur le plan national

Au niveau national, l’aide Embauche PME a été demandée par plus de 160 000 entreprises pour 350 000 emplois créés en CDI, CDD ou contrat de professionnalisation d’une durée supérieure ou égale à six mois. Les principaux secteurs utilisateurs sont l’hôtellerie-restauration (23 %), les activités de commerce (18 %), le bâtiment et les travaux publics (BTP) (9,5 %), les activités sanitaires et sociales (7 %), et le transport et la logistique (6 %). Chaque jour, plus de 5 000 demandes d’aide sont recueillies. Ce rythme devrait permettre d’atteindre l’objectif d’un million d’embauches d’ici la fin de l’année.

Qu’est-ce que l’aide Embauche PME ?

L’aide Embauche PME permet à une entreprise ou une association de moins de 250 salariés, pour toute embauche en contrat à durée indéterminée (CDI), en contrat à durée déterminée (CDD) ou en contrat de professionnalisation d’au moins six mois et pour un salaire inférieur ou égal à 1,3 Smic, de bénéficier de 4 000 € sur les deux premières années suivant l’embauche, à raison de 500 € par trimestre. Cette aide complémentaire est cumulable avec l’ensemble des autres dispositifs de soutien à l’emploi et à la compétitivité mis en place par le gouvernement, au premier rang desquels figurent le pacte de responsabilité et de solidarité et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Elle vient étendre l’aide à la première embauche mise en place en juin 2015 par le gouvernement, qui continue parallèlement de s’appliquer à toutes les embauches, sans restriction de niveau de salaire. Elle sera valable pour toutes les embauches réalisées avant le 31 décembre 2016.

Département / Métropole : précisions sur le transfert de compétences

Le préfet de l’Hérault a également abordé plusieurs sujets d’actualité dont le transfert de compétences entre le Département et la Métropole inscrit dans la loi NOTRe*. Pierre Pouëssel a rappelé que dans le cadre de la loi, si aucun accord entre les deux parties n’était signé au 31 décembre 2016 sur le transfert obligatoire de compétences (au moins trois sur les huit prévues + les routes métropolitaines), il adresserait un courrier aux deux présidents leur demandant une dernière fois de trouver un accord dans un délai de quatre mois. Les présidents auront donc jusqu’à fin avril 2017 pour débloquer la situation, ou non. Auquel cas, l’ensemble des compétences (hors collèges) seront transférées à la métropole de Montpellier en mai 2017. On sait que la pierre d’achoppement est la compétence culture et plus spécialement la destinée du pôle culturel du Domaine d’Ô. Le préfet a assuré que ses services travaillaient avec la DRAC à diverses propositions faites aux deux parties, notamment la création d’un établissement public, mais sans accord pour l’instant.

Emploi en zone défavorisée : « Il faut entrer dans le concret »

Comme en écho aux propos de Mohed Altrad, le président de l’Agence France Entrepreneur, le préfet a indiqué que les actions en faveur de l’emploi et de la création d’activité devaient maintenant « entrer dans le concret ». Commentant les chiffres du chômage dans le département, qu’il estime en baisse régulière (- 0,4 % en février, – 0,5 % en mars et – 0,6 % en avril pour la catégorie A), Pierre Pouëssel a suggéré : « On a commencé modeste, on est toujours modeste, mais si la situation s’améliore, il faut faire des efforts sur les quartiers prioritaires. Une réunion sera organisée prochainement à La Mosson dans ce sens ». Il a également rappelé que le taux de chômage était de 14 % dans le département, de 13 % à Montpellier, mais qu’il atteignait 25 % dans certains quartiers. « Il faut mettre toutes les énergies autour de la table » a-t-il indiqué.

Avec Robert Ménard, « des relations ni tendues, ni détendues d’ailleurs »

La personnalité du maire de Béziers et ses prises de position « décoiffantes » permettent au préfet de buzzer régulièrement au fil de leur actualité commune. Pierre Pouëssel a convenu que les réseaux sociaux prenaient une place grandissante dans les médias de communication utilisés par la préfecture, notamment pour réagir en direct et informer le grand public. Dernièrement, à l’occasion d’une cérémonie officielle qui se tenait à Béziers, le préfet avait subitement quitté l’assemblée, justifiant que le discours du maire s’éloignait par certains aspects des valeurs de la République. « Il n’y a aucune stigmatisation. L’Etat est neutre ; c’est sa force. Il ne stigmatise aucun élu, sachant que le maire est aussi un représentant de l’Etat par sa compétence police. Mais dès lors qu’il franchit la ligne jaune de la légalité, l’Etat réagit, à Béziers comme ailleurs. » Le préfet doit-il pour autant quitter une commémoration ? « [Ce moment] ne doit pas donner lieu à des déclarations antirépublicaines. Dans ce cas, le représentant de l’Etat a ordre de se retirer » a-t-il affirmé.

Daniel CROCI
croci.daniel.hje@gmail.com

* lire également l’interview du président du Département de l’Hérault Kléber Mesquida, publiée dans notre édition n° 3091 du 24 mars 2016.

Crédit photo : © HJE 2016 / Daniel CROCI

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