Inondations : le fonds Barnier et le PAPI 2 au secours de Grabels

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« Une nuit d’apocalypse (…) Je ne souhaite à aucun maire de vivre des événements identiques… ». Ces mots sont de René REVOL, le premier magistrat de la commune héraultaise terrassée par les eaux le 7 octobre 2014. Depuis, les services de l’Etat, la métropole, le SYBLE (le Syndicat du bassin du Lez) et la commune ont mené plusieurs actions de concert pour sécuriser le cours de la Mosson et du Rieumassel, afin de limiter le risque d’inondation.

Vendredi 26 août, Pierre POUËSSEL, préfet de l’Hérault ; Philippe SAUREL, président de Montpellier Méditerranée Métropole ; et René REVOL, maire de Grabels et vice-président de la métropole, président des commissions Politique de l’eau et assainissement et Risques naturels, ont présenté les travaux de sécurisation en cours et annoncé de bonnes nouvelles pour les riverains de la Mosson et de l’ensemble des communes situées en aval.

Depuis le tragique événement climatique qualifié de pré-tropical par René Revol, le syndicat de bassin, la métropole, l’Etat et la ville de Grabels ont lancé plusieurs actions. La commune a porté pour un million d’euros de travaux : reprise de voiries, reprise et extension du réseau pluvial… Elle a ensuite été relayée par la métropole qui, entre-temps, en a récupéré la compétence. Mais ce premier investissement ne suffit pas. Plusieurs actions coordonnées ont également donné lieu à des réunions d’information et de concertation avec les riverains ; il y a eu des travaux post-crues ; et des études hydrauliques, pilotées par la métropole, ont servi de base à la préparation d’une demande d’avenant au PAPI 2 Lez-Mosson, ce programme d’actions de prévention des inondations qui permet la mise en œuvre de nouveaux travaux.

Le préfet de l’Hérault a indiqué que le Fonds de Prévention de Risques Naturels majeurs (FPRNM) ou fonds Barnier avait aussi pu être mobilisé. Il permet aux collectivités d’acquérir et de démolir des biens exposés à un risque naturel majeur. A Grabels, le moulin de la Grave, situé à la confluence du Rieumassel et de la Mosson, et l’ancienne chambre d’hôtes construite à l’aval de la Soucarède (autre affluent de la Mosson), ont bénéficié de ce fonds d’Etat. Ce dernier finance à 100 % l’acquisition amiable et la destruction des bâtis constituant des embâcles. A Grabels, 600 000 euros ont été mobilisés par l’Etat sur le fonds Barnier.

De nouveaux travaux d’extension du bassin de rétention G dit de l’Arbre Blanc – d’une contenance de plus de 25 700 m2 et livré en 2010 – sont également prévus. La métropole avait déjà décidé en 2015 de prendre en charge des travaux de renforcement de ce bassin, qui ont été finalisés en juillet 2016 (travaux d’un montant de 180 000 euros HT, réalisés par l’entreprise Razel-Bec, sous maîtrise d’œuvre d’Egis Eau).

Pour aller plus loin et plus vite dans ce sens, un avenant au Papi 2 a été signé par la Région et la Métropole en décembre 2015 (entre les deux tours des élections régionales, par Philippe Saurel et Damien Alary). Les travaux du PAPI 2 déjà engagés en 2012, 2013 et 2014 ont en effet justifié l’élaboration d’un nouvel avenant pour adapter un certain nombre de mesures et les renforcer par rapport au projet initial, au vu de l’ampleur de la catastrophe d’octobre 2014. Cet avenant porte sur un montant de 3 M€ HT pour la commune de Grabels (financé à 40 % par l’Etat, à 40 % par la Métropole et à 20 % par le Conseil départemental) et 1,1 M€ HT pour celle de Juvignac.

D’ici fin septembre, le dossier du nouvel avenant doit encore être transmis par la Dreal à l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse, qui doit examiner son contenu le 13 octobre à Lyon ; il passera ensuite devant la Commission Mixte Inondation à Paris en décembre prochain. Les financements sont attendus à partir de la fin du premier semestre 2017 pour la mise en œuvre des travaux au profit de Grabels et de l’ensemble des communes situées en aval, dont Juvignac. Accepté au plus haut niveau, l’avenant pourra ensuite être signé localement par le SYBLE et les financeurs (Etat, Région, Département), et son programme de travaux sera lancé par la Métropole. Celle-ci souligne la parfaite cohérence et l’imbrication de cet avenant avec le SAGE Lez-Mosson, récemment révisé.

Cette nouvelle enveloppe financière va notamment permettre l’extension du bassin G de 25 000 m3 à plus de 160 000 m2 à l’horizon 2018-2019. Elle doit également permettre de faire sauter 4 goulets d’étranglement sur le Rieumassel afin de fluidifier l’écoulement de ses eaux, qui s’exerce en zone urbaine complexe. Le préfet Poüessel a souligné la réactivité des élus, de la métropole, de la mairie et des services de l’État. « Dans ce domaine comme dans d’autres, la très bonne coopération au niveau local entre les services déconcentrés de l’État et ceux des collectivités territoriales, au premier rang desquelles la métropole de Montpellier, permet de faire avancer les dossiers au bénéfice de l’ensemble de la population » a-t-il indiqué.

 

Une campagne de sensibilisation

Le ministère de l’Environnement lance une campagne de sensibilisation sur les 8 bons comportements à observer en cas d’inondations. La campagne d’information préventive relaiera, dans les 15 départements du sud de la France concernés, les bons comportements à avoir face au danger et invitera chacun à préparer un kit de sécurité, en 3 vagues : du 20 au 24 août, du 3 au 7 septembre et du 15 au 19 octobre. La première semaine de septembre, le préfet de l’Hérault fera le point en préfecture sur les dispositifs de prévention et d’intervention, dans le cadre de la commission départementale des risques naturels majeurs.

Plus d’infos sur : www.developpement-durable.gouv.fr

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