SmartCityZen 2 : des réseaux à haute performance

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Conférence SmartCityZen JCE Montpellier 2017. Compte rendu de la deuxième table ronde du 15 juin 2017 : la mise sur pied de la smart city exige que s’engage une véritable phase de dialogue entre les habitants et les réseaux. Les technologies de haut niveau rendent possible le phénomène et ouvrent la voie à la réalisation des objectifs fixés par les acteurs de la cité. C’est entre autres le cas pour l’énergie et la transmission des données.

« La Région Occitanie a décidé de devenir la première région d’Europe à énergie positive, avec plus d’énergie produite que d’énergie consommée », prévient André Sautet, directeur territorial régional de GRDF, à l’occasion de la deuxième table ronde « Applications et solutions pour le citoyen », organisée dans le cadre du débat sur la smart city. L’objectif affiché exige le recours à des réseaux intelligents déjà largement en place, et des efforts doivent être faits pour diminuer les consommations et augmenter la production des énergies renouvelables simultanément.

En matière d’électricité, « nous sommes entrés dans l’ère de la transition énergétique depuis dix ans, et la révolution en cours concerne le déploiement des compteurs Linky », souligne Philippe Malagola, directeur territorial Hérault d’Enedis. Ces compteurs capables de communiquer offrent aux habitants le moyen de connaître leur consommation d’électricité au jour le jour. Ces derniers pourront faire la comparaison avec des foyers équivalents puis s’engager dans une phase de diminution de leur consommation. Pour le gaz, le compteur Gaspar reprend le même principe général que Linky.



 

L’essor des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables se développent dans le cadre d’une production décentralisée. Elles favorisent la préservation des ressources et s’intègrent bien  à la logique de l’économie circulaire : consommation sur place d’énergie produite localement. « L’électricité ne pouvant pas être stockée à grande échelle, nous devons ajuster en permanence la production à la consommation après intégration de l’énergie provenant de l’éolien ou du photovoltaïque », indique Philippe Malagola. Pour le gaz qui est stockable, l’énergie renouvelable provient essentiellement du recyclage des déchets organiques (ordures ménagères, agricoles…) traités par méthanisation avec ajout de bactéries.

De gauche à droite (compte non tenu de l’animateur à l’extrême gauche), Alain Sautet (au micro), directeur territorial régional GRDF, Carlos Mesias, directeur région Méditerranée  de Bouygues Energies & Services, Philippe Malagola, directeur territorial Hérault Enedis, et Patrick Boyer, responsable technique et études de prix chez Bouygues Energies & Services. (Photo : Yves Topol, HJE 2017)

 

Dans la métropole de Montpellier, la station d’épuration Maera va connaître une importante extension ; elle produira du biométhane qui sera injecté dans le réseau. En outre, la métropole et GRDF sont en négociations pour que l’usine Amétyst épure le biogaz qu’elle produit déjà depuis 2008, en vue d’accroître fortement les rendements. Autre projet liant la métropole et GRDF,  la création d’un réseau de mini-cogénération avec  une chaudière pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la production d’électricité. Le biogaz a également  de belles perspectives pour la mobilité. Il équipe déjà depuis 2000 toute la flotte d’autobus montpelliéraine, et les camions-bennes se convertissent au gaz naturel. A l’horizon 2050, dans le scénario de la Région, le biogaz représentera globalement 70 % de tout le gaz consommé.



 

Maillage technique du territoire

Selon Patrick Boyer, responsable technique et études de prix chez Bouygues Energies & Services, « la smart city suppose trois couches : la couche technologique avec les compteurs, les capteurs et les réseaux qui font le lien entre eux ; la couche des data avec les données, dont la Blockchain, qui permet de stocker les données sous forme sécurisée sans organe central de contrôle ; et la couche de services associés ».

Concernant l’énergie, Bouygues Energies & Services développe le réseau du photovoltaïque, puisque l’obligation de rendre tous les nouveaux bâtiments à énergie positive à l’horizon 2020 nécessitera d’équiper de nombreuses toitures avec des panneaux solaires. Son directeur région Méditerranée, Carlos Mesias, met également en avant la technologie du Led, qui ouvre la voie à d’importantes économies d’énergie. Il indique : « Nous développons actuellement le Citybox, technologie qui permet de gérer point par point l’éclairage public, donc de réduire de manière importante les consommations ». Ce système va être déployé à Nîmes, Marseillan et Banyuls, et il pourrait l’être à terme à Montpellier.

Toujours pour l’énergie, 1 000 bornes destinées aux véhicules électriques sont en cours d’installation en Occitanie. Elles seront mises en service au début de l’année 2018. En matière de transmission de données, la mise en place des réseaux numériques – avec notamment la fibre optique – accélère. Bouygues Energies & Services propose actuellement une offre évolutive permettant de réduire les coûts par six en deux ans de l’infrastructure de collecte des données à l’échelle d’un quartier. A coup sûr, l’efficacité de l’ensemble de ces réseaux va sans cesse croissant. Quelle en sera la limite ?

 

L’avis d’Alain Foucaran (IES) : la smart city face à l’avenir

Intervenant en conclusion de la conférence sur la smart city le 15 juin dernier à Montpellier, Alain Foucaran, directeur de l’Institut d’Electronique des Systèmes (IES) et professeur à l’Université de Montpellier, souligne : « Nous avons déjà en place la plupart des éléments technologiques nécessaires à la smart city. Les progrès à faire concernent surtout l’amélioration des vitesses.
Par contre, l’évolution des usages reste le grand défi à relever, et pour cela, l’humain doit être remis au cœur du dispositif ».

Si les technologies existent déjà, leur diffusion ne va pas sans poser de problèmes. On estime ainsi qu’il y aura, en 2019, 80 milliards d’objets connectés communicants sur la planète, ce qui nécessitera 800 000 data centers (centre de données), dont le quart en Europe. Or, aujourd’hui, notre continent n’en compte que 80 000. On voit ainsi l’effort à fournir. Autre problème majeur, la multiplication par environ 1 500 du nombre de courriels, de pages Wikipédia et de vidéos échangés via Internet entre 2012 et aujourd’hui. « Si nous continuons sur cette lancée sans nous préoccuper de l’énergie nécessaire à consommer, nous allons dans le mur », prévient Alain Foucaran. A l’ensemble des acteurs concernés d’en bien prendre conscience.



 

 

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