Urbanisme. Ville de Montpellier : le projet de l’E.A.I.

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A la suite d’une négociation longue et difficile, la Ville de Montpellier et l’Etat se sont accordés sur le prix d’acquisition du terrain d’emprise de l’ancienne Ecole d’Application de l’Infanterie, dont l’acte authentique de cession est intervenu officiellement en juin dernier. Le projet de réaménagement du site de l’E.A.I. constituera l’un des axes majeurs de renouvellement urbain que mène la municipalité en complément du développement de nouveaux quartiers, en réintroduisant une variété des occupations (mixité urbaine) et des usages (mixité fonctionnelle).

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Au-delà, par sa situation et son échelle, ce site devrait offrir “ une formidable opportunité de contribuer au développement économique de Montpellier ”, en accueillant un projet créateur d’emplois et de richesses.

Le site de l’E.A.I. acquis par la Ville de Montpellier pour 19 millions d’euros

Après une année de négociations, les représentants de l’Etat et de la Ville sont parvenus à un accord sur la vente de la majeure partie du site de l’EAI, soit 356 019 m2, pour un montant de 19 millions d’euros. L’Etat conservera environ 2,7 hectares, correspondant aux terrains qui supportent la caserne de gendarmerie. L’accord obtenu avec l’Etat précise que la Ville réalisera sur ce site un programme de constructions d’une superficie totale de 240 723 m2 : logements locatifs sociaux, logements en accession aidée, logements en accession libre, logements dans le bâti existant, commerces dans le bâti existant, activités professionnelles… auxquels viendront s’ajouter des équipements publics (école, crèche, cité de la jeunesse, squares de proximité…) et un parc de 15 hectares. Le prix de vente accepté entre les deux parties a été évalué sur la base de ce programme de référence préservant avant tout l’intérêt général : réaliser “ une opération ambitieuse, de grande qualité urbaine, respectueuse de son environnement et économiquement équilibrée ”.

L’E.A.I. rendue à la Ville

La volonté de la municipalité est de fabriquer avec tous les Montpelliérains “ un quartier vivant et créatif au coeur de la ville, où chacun pourrait sans heurts habiter, travailler et se distraire, où toutes les catégories puissent se rencontrer ; pour retrouver dans les formes et l’organisation du cadre bâti les qualités propres de la ville méditerranéenne, tout en privilégiant le recours à des techniques de construction ou d’aménagement durables et saines ”. C’est aussi “ innover dans la programmation et les formes architecturales, en veillant à enraciner les propositions dans les pratiques et les réseaux d’un territoire à l’identité forte ”.

L’idée est également d’installer “ une vitrine du dynamisme économique montpelliérain, à la rencontre d’une demande tirée par la démographie (l’économie dite « résidentielle ») ”. Une volonté couplée à celle de “ proposer un habitat conçu et produit dans l’esprit de la ville future, sur un modèle de participation citoyenne à la vie collective, tout en restant fidèle à une tradition méditerranéenne d’urbanité ”.

Selon la municipalité, cette enclave, jugée comme “ imperméable pendant de nombreuses années ”, doit désormais être réintégrée dans le fonctionnement urbain de Montpellier et réappropriée par ses habitants grâce au développement de “ nouvelles porosités ” et à la mise en oeuvre d’un maillage viaire articulé avec le tissu urbain environnant. La recomposition globale de la trame urbaine du site s’attachera à renforcer les liaisons interquartiers et à donner à voir depuis l’extérieur le parc Montcalm, poumon vert du quartier. Au regard de son positionnement, ce site a vocation à devenir “ un élément central fédérateur à l’échelle de ce secteur de la ville ”.

Un processus de reconversion urbaine en marche

Le processus de reconversion urbaine de cet ensemble immobilier a commencé en amont du départ des militaires. Ainsi le conseil municipal a déjà approuvé :

– l’instauration d’un périmètre d’études le 22 décembre 2008,

– le lancement d’un appel à idées le 15 décembre 2009,

– un plan local de redynamisation le 6 février 2012,

et un premier acte s’est concrétisé avec l’ouverture du Parc Montcalm aux Montpelliérains le 1er janvier 2011.

Dans le cadre d’une vaste concertation, la Ville définira un projet d’aménagement pour ce nouveau quartier qui s’appuiera notamment sur la préservation d’un parc de 15 hectares et de plusieurs bâtiments existants, témoins de l’histoire du site et du patrimoine militaire. Le passage de la future ligne 5 de tramway sur ce territoire doit également être un élément structurant de son développement. Cet aménagement se veut “ progressif et souple ”.

Transformation de bâtiments militaires…en logements pour les étudiants

Sans attendre l’acquisition effective de cette ancienne école militaire, depuis le 1er janvier 2011, la Ville a déjà mis le parc Montcalm à la disposition des associations scolaires et sportives pour faciliter leurs activités et l’a également ouvert à l’ensemble des Montpelliérains. C’est, sans conteste, un véritable succès, comme en témoigne sa fréquentation. Toujours dans le droit fil de “ l’activation immédiate de ce site ” et conformément à un objectif de mixité sociale et fonctionnelle de son développement urbain, la Ville de Montpellier, face à la persistance d’une forte demande en matière de logements étudiants, souhaite développer une nouvelle capacité d’accueil. C’est la raison pour laquelle, en partenariat avec le Crous, elle envisage de transformer trois bâtiments d’hébergement pour militaires en hébergements pour les étudiants représentant la mise en service de 164 nouvelles chambres, dès la rentrée universitaire de septembre 2012. Les deux autres bâtiments d’hébergement du parc Montcalm, en trop mauvais état pour une réutilisation à moindres coûts, seront démolis.

Dans cette perspective, des discussions ont été engagées entre la Ville, l’Etat, le Crous et le groupe SNI (Nouveau Logis Méridional), partenaire historique du ministère de la Défense et bailleur social, pour transformer ces bâtiments pour une durée d’environ dix ans avant leur démolition, étant entendu qu’au moins une nouvelle résidence étudiante aura été créée d’ici là sur le site.

En effet, l’appel à idées a unanimement fait ressortir la nécessité de leur démolition en raison de leur qualité médiocre (architecturale et énergétique) et de leur rôle de “ verrou ” urbain compromettant l’ouverture future du parc Montcalm sur l’avenue de Toulouse. Il a donc été convenu de l’intérêt de concilier à la fois l’opportunité immobilière immédiate de remettre en exploitation trois bâtiments déjà réhabilités sur les cinq bâtiments présents sur le site dès la rentrée 2012 pour une durée d’environ dix ans, et le développement à long terme d’une nouvelle résidence étudiante, gérée par le Crous, se substituant aux bâtiments anciens démolis à l’issue de la période de dix ans.

(Source : Ville de Montpellier – mars 2012 / DC)

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