Mégas Yachts au port de Sète : les précisions de Jean-Claude Gayssot

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Jean-Claude Gayssot, président de Port Sud de France, a rencontré le collectif « Non au Projet de Marina de Méga Yachts à Sète » le mardi 14 novembre au sein de ses locaux lors d’un entretien de 3 heures. Il a apporté ses réponses aux inquiétudes des riverains…

Les inquiétudes portent notamment sur les impacts sur leur cadre de vie liés à la création du projet porté par le consortium IGY Marinas et P&O Marinas récemment retenu par le gestionnaire du port. Port Sud de France doit investir 1M€ dans ce projet et IGY- P&O Ports, 4 M€. Ces nouveaux aménagements et ces nouvelles activités doivent revaloriser ce quartier de la ville « peu animé à ce jour, malgré un fort potentiel » estiment les gestionnaires du port.

Flambée des prix de l’immobilier

Parmi les sujets d’inquiétude figure la crainte d’une flambée des prix de l’immobilier dans le quartier et de l’apparition de boutiques de luxe au détriment des commerces de proximité, avec l’arrivée d’une clientèle fortunée.  Pour le président du port : « L’objectif est de créer les conditions d’accueil pour les yachts et leurs membres d’équipages (environ 200 personnes pour 12 navires), qui consommeront sur place avec des retombées sur l’économie locale – restaurants, location de véhicules, sport, etc. Sète est parfaitement adaptée pour ce niveau de clientèle. Il ne s’agit pas d’accueillir les propriétaires de navire, qui continueront de fréquenter la Côte d’Azur. »

Les interrogations sur les réelles créations d’emplois sont importantes, car il ne s’agit pas d’accueillir un chantier de réparation ni d’entretien des bateaux. Le collectif redoute parallèlement une fuite des armateurs à cause des taxes françaises (augmentation de la taxation du gasoil, obligation de cotiser à la Sécurité sociale pour leurs marins résidant en France). Pour Jean-Claude Gayssot : « l’objectif est d’optimiser l’utilisation des quais d’Alger et du Maroc, qui ne sont occupés qu’une trentaine de jours par an par des navires de croisière, soit moins de 10% de l’année. Le Môle Masselin et le quai H accueillent désormais les paquebots de croisière dont l’évolution de la taille ne cesse de croitre (seulement un quart de la flotte mondiale est limitée à 200 mètres de long, correspondant à la capacité d’accueil du quai d’Alger) ».

Créer une filière économique autour du yachting

Par ailleurs, indique le président : « La nouvelle gare maritime créera les conditions optimales de réception de ces passagers dans le port. L’objectif de Port Sud de France est donc de parrainer le développement de la croisière à Sète et de créer une nouvelle filière de développement économique à travers le yachting. L’entretien des navires va bénéficier aux entreprises locales (un yacht consacre annuellement 10% de sa valeur à l’entretien et à la gestion du navire) et une recherche de complémentarité entre les filières pourra être trouvée, à savoir :
– l’acquisition d’un élévateur à bateaux de grande capacité pour les thoniers mais qui permettra aussi la mise à sec de yachts jusqu’à 50 m,
– l’avitaillement de navires en carburant en lien avec la coopérative des pêcheurs,
– la création d’un hub de mise à flot de navires déchargés sur le port de commerce,
– l’augmentation des prestations de services portuaires (pilotage, lamanage notamment).
Enfin EPR doit poursuivre sa diversification d’activité, notamment en raison du risque de disparition de certaines filières historiques (arrêt de SAIPOL pendant 6 mois, entraînant une diminution de 20% du chiffre d’affaire du port). » a-t-il indiqué.

Le risque d’une dérive sécuritaire sur les quai d’Alger et du Maroc (caméras de surveillance, contrôles, etc.) a également été avancé par le collectif. Pour les instances gestionnaires du port : « Ces quais sont déjà équipés, puisqu’ils accueillent le terminal croisière et ses navires. Les normes de sûreté portuaire s’appliquent déjà à ces quais. »

Enfin la question des impacts environnementaux avec des risques de pollution de l’air et de l’eau, des nuisances sonores provoquées par les bateaux et les hélicoptères, a été posée. « Tous les yachts seront branchés à quai ; il n’y aura dont aucune utilisation des machines de bord pour produire de l’électricité. De plus, la signature du partenariat stipule la mise en place obligatoire de dispositions de récupération et traitement des eaux noires et usées » a indiqué le président du port de Sète.

HJEWDesk / DC

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